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De Pas-de-Calais in de vroege middeleeuwen

Inhoud van deze pagina

  1. Inleiding
  2. De historische geografie van het Département du Pas-de-Calais
    Noten

1. Inleiding

Onderstaande tekst uit 1907 (1) geeft een behoorlijk overzicht van de historische geografie van de Pas-de-Calais in de Romeinse periode en de vroege middeleeuwen. Bataven en Canninefaten treffen we er niet in aan, en Béthune wordt zelfs weinig genoemd, en ook vinden we geen ‘Hollandse’ graven hoewel die zich te Are (Aire-sur-le-Lys) bevonden. Wél komen we Siegfried de Noorman tegen die een deel van het gebied in 926 in handen zou hebben gekregen en dus niet in Kennemerland kan hebben huisgehouden zoals uit de Annalen van Egmond voor het jaar 882 (overgenomen van Regino von Prüm) is afgeleid, wat weer wel laat zien waar de oorspronkelijk bron van de Egmondse verhalen te zoeken is. Voor het overige kan de tekst dienen als oriëntatie voor de verdere studie van Frans-Vlaanderen.

2. De historische geografie van het Département du Pas-de-Calais

«INTRODUCTION.

GÉOGRAPHIE HISTORIQUE DU DEPARTEMENT (a).

I. – PÉRIODE GAULOISE ET GALLO-ROMAINE.

Avant l’arrivée de César dans les Gaules (58 ans avant J.-C.), on ne sait rien de précis sur le territoire qui forma, en 1790, le département du Pas-de-Calais. Les Morins, que Virgile, Pline et Pomponius Méla regardaient comme le dernier des peuples de la Gaule, “extremique hominum Morini” (Énéide, liv. VIII, v. 727), occupaient la région septentrionale au nord de la Canche. Leur pays était couvert de bois et de marais : deserta silvarum terra Morinorum, écrivait saint Victrice, et Strabon disait que, les jours ou le ciel était le plus serein, le soleil ne s’y laissait apercevoir que pendant quelques heures (liv. IV). De cette étendue de bois, nous avons conservé les forêts de Guînes, de Tournehem, de Clairmarais, d’Éperlecques, de Nieppes (partie de Wastelau), d’Hesdin, plus celles du Boulonnais.
Près des Morins hahitaient les Atrebates qui avaient pour voisins : au nord, les Nervii (Cambrai et Bavai) et, sur quelques points, les Menapii (Flandre maritime et Tournaisis); au sud, les Veromandui (Noyon et Saint-Quentin) et les Ambiani (Amiens et Abbeville), dont une petite partie du territoire est entrée dans l’arrondissement de Montreuil.
Entre les Morini et les Ambiani hahitait un petit peuple que Pline, au 1er siècle de notre ère, désigne sous le nom d’“Oromansaques” : Oromansaci juncti pago qui Gessoriacus vocatur. Il est difficile de dire ce qu’étaient ces Oromansaques, dont César ne prononce même pas le nom, et d’indiquer exactement leur territoire.
Ces divers peuples étaient au nombre de ceux de la Belgique, province organisée par Auguste, 27 ans avant J.-C. (Strabon, liv. IV, chap. I).
Les Morini, les Atrebates et les Nervii figurent à titre de civitates dès la conquête romaine. Il en fut de mème pour la civitas Ambianensium; la civitas Bononiensium fut formée, plus tard, d’un démembrement de la cité des Morins. Quoi qu’il en soit, on voit figurer vers l’an 400, dans la Notitia provinciarum et civitatum Galliæ, les cinq civitates entre lesquelles se répartissaient les anciennes populations du Pas-de-Calais et qui étaient comprises dans la seconde Belgique. Leur chef-lieu était désigné par le nom même du peuple, qui avait remplacé le vocable primitif d’origine gauloise ou gallo-romaine. Atrebatum, Arras, était devenu le nom de Nemetacum, Morini celui de Taruenna. Boulogne, Bononia, avait remplacé Gessoriacum, et Amiens, Samarobriva. Le nom de Camaracus seul était resté à la civitas des Nervii.
Les diocèses d’Arras, d’Amiens et de Cambrai correspondaient chacun de leur côté à une des cités précédentes dont ils avaient conservé les limites. Quant à la civitas Morinum et à la civitas Bononiensium, elles formèrent un diocèse unique, le diocèse de Thérouanne, qui subsista jusqu’en 1559.
Un grand nombre de voies sillonnaient notre contrée à l’époque romaine. Elles avaient généralement Thérouanne ou Arras pour centre commun. Nous commencerons par indiquer celles qui sont mentionnées dans les itinéraires ou dans la Table de Peutinger :
1° La voie romaine de Lillebonne, Juliobona, à Boulogne-sur-Mer, Gessoriacus, par Grainville, Gravinum (Table de Peutinger), suivant la cote et passant à Tubersent, Frencq, Neufchâtel, Condette et Pont-de-Briques, d’après D. Grenier, opinion toute-fois très discutée.
2° La voie romaine de Boulogne, Gessoriacus, à Reims, Durocortorum, par Amiens et Soissons (Itinéraire d’Antonin, Table de Peutinger), partie de la route d’ltalie à la Manche et de la grande route de Lyon à la mer construite par Agrippa. Elle passait à Amiens, Samarobriva, Donqueur, Durocoregum, Ponches, Pontes, le Moulinet, ad Lullia, Brimeux, Lintomagus, Estrée (de strata, indiquant l’emplacement du village sur une voie romaine), Recques, Longvillers, Lacres, Tingry, Carly, Hesdigneul et Condette, franchissant la Liane à Pont-de-Briques, puis la rivière d’Échinghen, pour quitter la route nationale de Montreuil à Boulogne, traverser la falaise de Malbret et entrer à Boulogne.
3° La voie romaine de Tongres, Aduatuca, à Boulogne, par Tournai, Turnacum, Bavai, Bacacum Nerviorum, et Cassel, Castellum Menapiorum. Elle traversait la Cauchie-d’Ecques (de calceia, chaussée romaine), Licques, Éclémy, Alembon, le Wast, Conteville, la forêt de Boulogne, Wimille et entrait à Boulogne, près de la tour d’Ordre. Un tronçon de voie venant de Watten se raccordait à cette route à Tournehem.
4° La voie romaine d’Arras, Nemetacum, à Bavai, par Cambrai, Camararum (Table de Peutinger, Itinéraire d’Antonin). Elle passait à Boiry-Notre-Dame, Vis-en-Artois, Baralle et Marquion. Les noms de Sailly-l’Estrée, Sauchy-l’Estrée et Sauchy-Cauchy rappellent cette voie.
5° La voie romaine d’Arras à Estaires, Minariacus, mentionnée dans l’Itinéraire d’Antonin et passant à Roclincourt, Lens, la Bassée et Pont-du-Hem, Fines.
6° La voie romaine d’Arras à Amiens (Itin. d’Ant., Table de Peut.) passant à Dainville, Berneville, Simencourt, Bailleulmont, la Cauchie, Pas et Thièvres, Tevera.
7° La voie d’Arras à Thérouanne, Taruenna, dite chaussée Brunehaut (Itin. d’Ant.), par Acq, Estréelles, Estrée-en-Cauchie, Cauchy-à-la-Tour, Estrée-Blanche, vocables appropriés à la position de ces villages sur la voie romaine. C’était un tronçon de la voie de Cassel à Tournai.
8° La voie de Thérouanne à Boulogne (Itin. d’Ant.), partie de celle de Boulogne à Cassel. Elle traversait Remilly-Wirquin, Maisnil, Thiembronne, Senlecques, suivait la rue dite “de la Chaussée” qui sépare Desvres de Longfossé, se dirigeait à travers la forêt de Desvres, Wirwignes et la forêt de Boulogne, vers Baincthun, le Mont-Lambert, Saint-Martin, et entrait à Boulogne, dans la haute ville, aux environs du château.
9° La voie de Boulogne à Beauvais, Cæsaromagus, par Rouen, Rotomagus (Table de Peut.).

A ces voies il y a lieu d’ajouter d’autres chemins dont l’existence, bien que non mentionnée par les itinéraires, est néanmoins prouvée :
1° La voie de Thérouanne à Sangatte ou Leulène, qui passe au Mont-Saint-Jean, Herbelles, Bientques, Esquerdes, Wisques, Etrehem (de strata), Zudausques, Leuline, Cormettes, Nort-Leulinghem, Tournehem, Zouafques, Louches, Autingues, Ferlinghem, Guînes, Boucres, Saint-Tricat, Haute et Basse-Leulingue, Fréthun, Coquelles et Peuplingues. C’était la voie des saints, via sanctorum ou Itiana.
A partir de Guînes, le chemin parait avoir eu deux embrauchements : l’un vers Calais, l’autre vers Wissant, par Saint-Blaise, Pihen, Saint-Inglevert, Hervelinghem et Sombres.
2° La voie de Cambrai à Amiens, par Bapaume, Warlencourt et Albert.
3° Le chemin de Guînes à Wissant, par Herbelles, Remilly, Affringues, Seninghem, Coulomby, Haut-Loquin, Licques, Herbinghem, Alembon, Hermelinghem, Fiennes, Caffiers, Landrethun-le-Nord et Wissant.
4° Le chemin de Boulogne à Marck par Terlincthun, la Poterie, Auvringhen, Wimille, Sombres, Peuplingues, Sangatte, la Chaussée, Saint-Pierre, Marck, Oye, Gravelines et Mardijck.
5° Le chemin de Thérouanne à Verchin.
6° Celui enfin de Thérouanne à Saint-Pol, par Enquin et Febvin.

II. – PÉRIODE FRANQUE.

Nous résumerons en quelques mots les vicissitudes qu’eut à subir, au point de vue politique, après la chute de l’empire romain, le pays qui est devenu le département du Pas-de-Calais.
Dès l’année 481, la majeure partie de la Belgique était au pouvoir des Francs. A la mort de Clovis (511), notre département fit partie des États de Clotaire, dont Soissons était la capitale, et, dans le partage qui suivit la mort de ce dernier (561), il fut attribué au royaume de Chilpéric, qui s’étendait à Thérouanne, Arras et Cambrai. Par le traité d’Andelot (587), il fit intégralement partie des États de Clotaire II; mais celui-ci ayant été battu à Dormelles, en l’an 600, le roi d’Austrasie Théodebert II se fit céder le duché de Dentelin, qui, suivant M. Longnon, correspondait aux cités de Boulogne, Thérouanne, Arras, Noyon, Cambrai et Tournai. Il dépendait de la Neustrie dans l’empire de Charlemagne, et, au partage qui suivit le traité de Verdun (843), il fut compris dans le lot de Charles le Chauve, sauf la partie cambraisienne qui fut attribuée à Lothaire. Enfin, dans le partage de 880 entre les fils de Louis le Bègue, l’ancienne part de Charles le Chauve constitua le royaume de Louis III.
Dès l’époque des premiers Mérovingiens, les cités d’Arras, de Thérouanne, d’Amiens et de Cambrai furent démembrées au point de vue administratif, et constituèrent des circonscriptions qualifiées pagi, qui, étant sous la juridiction d’un fonctionnaire désigné du nom de comes, furent plus tard appelées comitatus, comtés, si bien que les deux termes pagus et comitatus sont devenus synonymes à l’époque carolingienne. Le comté comprit d’abord le territoire de la cité, correspondant au diocèse, puis un district de la cité, enfin une subdivision de ce district.
La civitas Atrabatum, placée depuis le VIe siècle jusqu’à 1093 sous l’autorité spirituelle d’un évêque qui gouvernait en même temps l’église de Cambrai et y avait sa résidence, resta indépendante au point de vue civil et comprenait deux pagi : le pagus Atrebatensi et l’Austrebantum ou pagus Austrebantensis. Elle était limitée par les diocèses de Cambrai à l’est, de Noyon au sud, d’Amiens au sud-ouest, de Thérouanne à l’ouest, et de Tournai au nord.
La civitas Morinum comprenait primitivement le territoire situé entre la Canche, l’Yser, la Clarence et la Lys. Elle était limitée, au sud, par la cité des Ambiani, au sud-est par celle des Atrebates, au nord-est par les Nervii, et vers le nord et le nord-est par les Menapii du diocèse de Tournai. Thérouanne, son chef-lieu, fut, dès l’époque romaine, le siège d’un évêché qui s’accrut, vers le VIe siècle, d’une partie de la civitas Turnacensium, privée de pasteur par suite des invasions barbares, et vers le même temps de la civitas Bononiensium, qui originairement eut peut-être un évêque indépendant.
Le diocèse de Thérouanne, ainsi constitué, était divisé en trois parties correspondant à sa triple origine : le pagus Taruanensis, tirant son nom de la cité épiscopale, le pagus Mempiscus, de l’ancienne cité de Tournai, et le pagus Bononiensis, ancien territoire de la cité de ce nom.
La civitas Ambianensium comprenait le pagus Ambianensis ou Amiénois, le pagus Pontivus, ou région maritime, et le pagus Vimnaus ou mieux Viminaus, le Vimeu. Les deux premiers ont contribué pour une petite partie à la formation de notre département. Quant à la civitas Camaracensium, elle forma trois districts : le pagus Camaracensis ou Cambrésis, le pagus Hainaus et le Bracbantum. Quelques communes de l’arrondissement d’Arras faisaient originairement partie du premier.

1° Le pagus Atrebatensis ou Artois primitif, qu’il ne faut confondre ni avec le comté, ni avec la province de ce nom, était limité, du coté de l’Arrouaise, par une ligne passant par Thièvres, Pas, Cogneux (b), Souastre, Foncquevillers, Hébuternes, Sailly-au-Bois, Puisieux, Miraumont, Achiet, Béhagnies, Favreuil, Beugnâtre, Morchies, Pronville, Inchy, Buissy, Baralle et Bourlon; du coté de la Pevèle et du Cambrésis, par Sains-lez-Marquion, Sauchy-Lestrée, Sauchy-Cauchy, Oisy, Saudemont, Récourt et Tortefontaine; du coté de l’Escrebieu, par Raches, Gavrelle, Thélus, Vitry, Souchez et Ablain; du coté du Ternois, enfin, par une ligne passant par Villers-au-Bois, Frévin-Capelle, Haute-Avesnes, Habarcq, Tilloy, Noyellette, Wanquetin, Fosseux, Barly, Sus-Saint-Léger, Sombrin, Bavincourt, Saulty, Humbercourt, Mondicourt, Pommier, Orville et Sarton. Il était compris entre la Gache, le Cojeul, le Crinchon, la Scarpe, les monts de Thélus et de Vimy, la Clarence et la Souchez. Son chef-lieu était Arras et il correspondait à l’archidiaconé de ce nom, avec les doyennés d’Arras, Aubigny, Bapaume, la Bassée, Béthune, Croisilles, Houdain, Lens et Pas. Les territoires qui ont formé les bailliages d’Arras, de Bapaume, de Béthune et de Lens en dépendaient au point de vue civil.

2° Le pagus Austrebantensis ou Ostrevent correspondait à la seconde division du diocèse, l’archidiaconé d’Ostrevent, formé, comme le nom l’indique, de la portion orientale de l’ancienne cité des Atrebates. Il s’étendait surtout sur des territoires compris actuellement dans le département du Nord et forma les doyennés de Douai, de Valenciennes et d’Hénin-Liétard, ce dernier entré presque entièrement dans notre département.
Cet ancien pagus devint le comté féodal d’Ostrevent, composé de la châtellenie de Bouchain, dans les derniers temps du moyen âge. On en retrouve le souvenir dans le surnom d’une de nos communes : Sailly-en-Ostrevent.
A ces deux pagi principaux il y a lieu de joindre trois autres pagi secondaires et de mentionner plusieurs anciennes régions naturelles qui dépendaient primitivement de la cité des Atrébates.
a. Le pagus Caribant, pagus Karabantensis, Carabantum, comitatus Carenbam ou Carembaut, vocable de forme germanique, dont il est fait mention dans des diplômes de 674 et 877, comprenait quelques communes du canton actuel de Carvin et Estevelles dans le canton de Lens. Il correspondait au doyenné de Seclin, bien que le chef-lieu de celui-ci appartînt au Mélentois, et était limité par la Deûle, le pagus Mempiscus et la Pevèle.
b. Le pagus Scirbiu, qualifié comitatus en 1056, l’Escrebieu, s’étendait entre la Souchez, la haute Deûle, la Gohelle et la source de l’Escrebieu. Il était limité du coté de la Pevèle par Vitry, Corhehem, Quiéry-la-Motte, Beaumont, Courcelles, Meurchin, la Bassée, Violaines, Lorgies, Neuve-Chapelle, Sailly, Calonne-sur-la-Lys, Saint-Floris, Saint-Venant et Estaire.
c. Le pagus leticus, qualifié comitatus en 877, et que certains ont cru être le pays de la Lys parce qu’il s’étendait sur une partie du bassin de la rivière de ce nom, depuis Aire jusqu’au-dessus d’Armentières, défini avec plus de raison l’ancien pays des Lètes ou terre létique, comprenait en même temps une partie du territoire qui devint, au XIIe siècle, la châtellenie de Lens et qui est en dehors du bassin de la Lys (c). A ce pays confinait un autre petit pagus, le pays de l’Alleu ou de Lalleu, allodium Sancti Vedasti, ancien domaine de l’abbaye de Saint-Vaast, dont il dépendait depuis le VIIe siècle et qui avait une constitution particulière. Il comprenait les quatre paroisses de la Ventie, Sailly-sur-la-Lys, Fleurbaix et la Gorgue en partie.
d. L’Arrouaise, Arida Gamantia, Arroasia, ancienne région forestière, s’étendait à la limite de la civitas des Nervii, des Veromandui et des Atrebates, et comprenait le territoire situé entre les villages de Fins et Metz-en-Couture, le pagus Ambianensis et le pagus Atrebatensis. La ligne de séparation avec l’Amiénois passait par Couin, Sailly-au-Bois, Grévillers, Martinpuich, Beaulencurt, Morval, le Transloy, Villers-au-Flos, Metz-en-Couture, Trescaut, Havrincourt et Bourlon. Une partie du canton actuel de Bapaume était comprise dans l’Arrouaise.
e. La Gohelle, Gauheria, dénomination plutôt physique que politique, correspondait à la partie occidentale du doyenné de Lens. Gouy en était la localité principale, et c’est le nom de ses habitants, Gauharii, qui a servi à désigner le territoire environnant. La Gohelle était limitée du côté du pagus Atrebatensis par Neuvireuil, Izel, Fresnoy, Rouvroy, Méricourt, Lens, Hersin-Coupigny, Barlin, Béthune, Allouagne, Saint-Hilaire et Witernesse, et du coté du pagus Taruennensis par Enguinegatte, Liettres, Auchel, Camblain-l’Abbé, Ourton, la Thieuloye, Magnicourt-en-Comté, Hermin, Hersin, Sains-en-Gohelle, Bouvigny-Boyeffles, Viliers-au-Bois, Haute-Avesnes et Habarcq.
f. La Pevèle, Pabula, région naturelle qualifiée pagus Pabulensis dans des diplômes de 847 et 871 et comitatus Pabula dans un autre de 877 (Histor. de France, t. VIII, p. 667), n’a contribué à la formation de notre département que par la commune de Pelves, qui en dépendait.
g. Le pagus Monciacensis, enfin, dont la situation est douteuse, et qui parait devoir être placée à Monchy-au-Bois et aux environs.

3° Le pagus Taruanensis ou Ternois répondait à la plus grande partie de l’archidiaconé d’Artois, du diocèse de Thérouanne, et comprenait les doyennés d’Aire, Alquines, Bomy, Fauquembergues, Helfaut, Hesdin, Lillers, Saint-Omer, Saint-Pol et Thérouanne. Une petite fraction de ce territoire constitua la régale de Thérouanne, et, dès le XIe siècle, le nom de Ternois désigna seulement un territoire beaucoup plus restreint, la partie sud-est de l’ancien pagus, le comté féodal dont Saint-Pol était le chef-lieu. Il y sert encore aujourd’hui de déterminatif à plusieurs noms de communes.
Quant au pagus Mempiscus, qui comprenait le territoire situé entre l’Escaut et l’Aa, c’est-à-dire la partie ménapienne du diocèse de Thérouanne, il constitua l’archidiaconé de Flandre. Nous n’avons pas à nous en occuper, puisqu’il est resté en dehors des limites de notre département.

4° Le pagus Bononiensis, le Boulonnais, répond à la civitas Bononiensium des bas temps de l’Empire romain. On le trouve mentionné pour la première fois, en 776, et il devint plus tard le comté féodale de Boulogne, correspondant, au point de vue ecclésiastique, à la partie occidentale de l’archidiaconé d’Artois du diocèse de Thérouanne, avec les doyennés de Boulogne-sur-Mer, Frencq, Guînes, Wissant, plus quelques paroisses du doyenné d’Alquines et la moitié de celles du doyenné de Fauquembergues.
Ce pagus était borné : au midi, par la Canche, qui le séparait du Ponthieu; à l’ouest, par le détroit du Pas-de-Calais et la Manche; au nord, par l’ancien cours d’eau aujourd’hui canalisé qui le séparait de la terre de Merck et du pays de Brédenarde; à l’est, par l’Artois.
Aux quatre pagi principaux qui précèdent et qui ont été formés par la civitas Morinum se rattachent plusieurs petits territoires dont la constitution particulière, qui est d’origine ancienne, a persisté pendant tout le cours du moyen âge jusqu’à la Révolution :
a. Le Mercuritium, terra de Merc, la terre de Merck, fraction du pagus Bononiensis correspondant à l’un des doyennés du diocèse de Thérouanne, parait être désignée au IVe siècle par la phrase : Marcis in littore Saxonico, de la Notitia dignitatum, et est appelée Merkisa en 877, dans un diplôme de Charles le Chauve. Son chef-lieu était Merck, aujourd’hui Marck; elle comprenait le territoire des communes actuelles de Calais, les Attaques, Neuve-Église, Offekerque, Oye, Saint-Omer-Capelle et Vieille-Église.
b. La Bredenarda, ager Bredenardensis ou pays de Brédenarde, district du pagus Taruanensis qui comprenait le territoire occupé par les communes d’Audruicq, Nortkerque, Polincove et Zutkerque. C’était un pays de pâturages qui eut, au moyen âge, une organisation administrative particulière.
c. L’Ardensis pagus, également petit district du pagus Taruanensis qui forma plus tard le gouvernement ou bailliage souverain d’Ardres, désigné vulgairement sous le nom d’Ardrésis.
d. Le pays de Langle, terra de Angulo, petite partie du même pagus comprenant le territoire attenant au Brédenarde qu’occupent aujourd’hui les communes de Saint-Folquin, Sainte-Marie-Kerque, Saint-Nicolas et Saint-Omer-Capelle.
e. La terre d’Oye, provincia de Hoia, qui correspondra plus tard à la vicomté ou baillie de ce nom, dépendance de la baillie de Merck.

5° Le pagus Pontivus ou comté de Ponthieu, un des trois pagi de la civitas Ambianensium, tirait probablement son nom de sa proximité de la mer et comprenait la partie septentrionale du littoral amiénois. Il faisait partie, en 795, du sixième missaticum; un comté féodal et un archidiaconé portaient son nom. Toutefois ce pagus était moins étendu que l’archidiaconé de Ponthieu, dont il ne comprenait que cinq des huit doyennés. Deux d’entre eux, ceux de Montreuil et de Labroye, sont entrés en tout ou en partie dans le Pas-de-Calais.

6° Le pagus Camaracensis ou Cambrésis, avec la ville épiscopale de Cambrai pour chef-lieu, correspondait, au point de vue civil, à l’archidiaconé de Cambrésis. Une de ses parties comprise dans le doyenné de Beaumetz-lez-Cambrai a contribué, en 1790, à la formation de notre département pour les cantons de Bertincourt, de Marquion et le Bapaume.

III. – PÉRIODE FÉODALE.

Dès le début de la période féodale, c’est-à-dire à la fin du IXe siècle, la majeure partie du Pas-de-Calais faisait partie du comté de Flandre, comme comprise dans les territoires donnés par Charles le Chauve à sa fille Judith, femme de Baudouin Bras-de-Fer. En 987, à l’avènement de Hugues Capet, ce comté comprenait non seulement l’Artois, ou du moins ce qui plus tard en porta le nom, mais tout le pays compris entre l’embouchure de l’Escaut et la Canche, c’est-à-dire l’ancienne cité des Morins, d’ou la qualification de princeps Morinorum donnée par l’historien Richer au marquis de Flandre Arnoul le Vieux. Au XIe siècle, le roi de France, seigneur suzerain de la Flandre et du Ponthieu qui, depuis le Xe siècle, avait des comtes particuliers, ne possédait dans son domaine direct que Montreuil, ville qui, sous Hugues Capet, avait été assignée comme douaire à Suzanne de Flandre, première femme du roi Robert. Du comté de Flandre relevaient trois comtés secondaires :
1° Le comté de Boulogne, Boloniensis comitatus, dont les limites étaient celles du pagus Bononiensis, avec la terre de Merck, moins la partie distraite pour former le comté de Guînes. Arnoul le Vieux avait recueilli ce comté dans la succession de son frère Allou (933), et, en 964, il passa d’Arnoul le Jeune aux mains d’un seigneur nommé aussi Arnoul, qui fut l’ancêtre des Eustaches.
2° Le comté de Guînes, comitatus Gisnensis, détaché vers 926 de celui de Boulogne par Siegfried le Danois. Il avait pour limites : à l’ouest, le comté de Boulogne; au sud, les châtellenies de Saint-Omer et d’Éperlecques; à l’est, la terre de Ruminghem et le pays de Langle; au nord, la vicomté de Merck.
3° Le comté de Saint-Pol ou de Ternois, constitué dès la fin du IXe siècle, comprenait la partie sud-est de l’ancien pagus Taruanensis. La partie septentrionale forma deux châtellenies, dont l’une eut Thérouanne pour chef-lieu et l’autre Saint-Omer.
Le premier acte important du règne de Philippe Auguste fut le mariage qu’il contracta le 28 avril 1180 avec Isabelle de Hainaut, acte qui préparait l’annexion de l’Artois, terra de Atrebatesio, à la couronne. Philippe d’Alsace donnait, en effet, en dot à sa nièce, en s’en réservant la possession viagère et avec clause de retour en cas d’absence d’enfants, toute la partie occidentale de la Flandre située au sud du Neuf-Fossé, c’est-à-dire Arras, Bapaume, Saint-Omer, Rihout, Aire, Hesdin, Richebourg, l’avouerie de Béthune, plus la suzeraineté de Boulogne, Lens, Guînes, Ardres, Saint-Pol et Liliers. La mort de Philippe d’Alsace étant survenue le 1er juin 1191, l’Artois fut, en fait, annexé à cette date au domaine royal. Par le traité de Péronne (2 janvier 1200), Philippe Auguste dut toutefois rendre au comte de Flandre, Baudouin IX, Saint-Omer, Aire, le comté de Guînes, Ardres, Richebourg, et aliam terram quam advocatus Bethuniensis tenet ultra Fossatum, c’est-à-dire le pays de Lalleu que les seigneurs de Béthune tenaient en fief comme avoués de Saint-Vaast; mais, en 1212, par le traité de Pont-à-Vendin, le roi recouvra les châtellenies de Saint-Omer et d’Aire, et, bien que dans ce traité il ne fût plus question de la clause de réversibilité, la réunion en droit n’eut lieu qu’en 1226, à la mort de Louis VIII (d). Ce prince légua à Robert, le second de ses fils, la terre d’Artois, que Louis IX érigea en comté au mois de juin 1237, Cet acte important eut pour effet d’enlever à la couronne l’hommage direct des comtés de Boulogne, de Guînes et de Saint-Pol, qui mouvaient de l’Artois.
Le territoire qui forme aujourd’hui le département du Pas-de-Calais était, à cette époque, divisé en un certain nombre de circonscriptions féodales portant le nom de châtellenies, qui tiraient leur nom du château comtal qui en était le chef-lieu. Elles comprenaient tous les fiefs mouvant de ce château; au nombre de ces derniers, ceux qui occupaient une place particulièrement élevée dans la hiérarchie féodale et avaient à leur tour une place forte, un château pont chef-lieu et des arrière-fiefs dans leur mouvance formaient des circonscriptions secondaires qui portaient également le nom de châtellenies. Ces circonscriptions étaient les suivantes :

1. La châtellenie comtale d’Arras, castellania Atrebatensis, dont relevaient celles de Bucquoy, Houdain et Rémy. La châtellenie d’Oisy, qui faisait primitivement partie du Camhrésis, fut rattachée, à la fin du XIIIe siècle (Arch. du P.-de-C., B. 877, n° 3), à la châtellenie d’Arras. Elle comprenait Aubencheul, Baralle, Bourlon, Buissy, Écourt-Saint-Quentin, Épinoy, Escarpelles, Ecoivre-lez-Arleux, Lambres-lez-Douai, Haucourt, Marquion, Noyelles-sous-Bellonne, Oisy, Palluel, Récourt, Riencourt-lez-Gagnicourt, Rumaucourt, Sailly-lez-Cambrai, Sains-lez-Marquion, Saint-Martin-sur-Cojeul, Sauchy-Cauchy, Sauchy-l’Estrée, Saudemont, Thun-Saint-Martin, Trescaut et Villers-lez-Gagnicourt.

2. La châtellenie comtale d’Aubigny, Albiniacensis castellatura, avait dans sa mouvance les châteaux de Bailleulmont, Bailleulval, Hermaville, Quiéry, Sapigny, Tincques, Villers-Brûlin, Villers-Châtel, avec les pairies du Grand et du Petit-Berlette, Béthencourt, Étrayelles, Frévin, Humbercamp, Mingoval, Tincques et Villers-Châtel. Cette châtellenie fut divisée à la fin du XIIIe siècle, par suite du partage qui en fut fait en 1272 entre le comte d’Artois et Guy de Châtillon.

3. La châtellenie d’Avesnes-le-Cómte comprenait, comme terres principales : Barly-Fosseux, Beaufort, Coullemont, Couturelle, Fosseux, Givenchy-le-Noble, la Haye-lez-Hébuterne, Ignaucourt, Ivergny-lez-Souich, Lattre-Saint-Quentin, le Cahier de Maizières et Fromentel, Noyelle-Vion, le Sars, Saulty, Sombrin, Wanquetin.

4. La châtellenie de Bapaume, le castelerie de Bapaumes, dont les seigneurs de Beaumetz-lez-Cambrai étaient châtelains héréditaires, avec les châteaux de Beaumetz-lez-Cambrai, Bus, Chérizy, Hamelincourt, Happlaincourt, Metz-en-Couture.

5. La châtellenie de Béthune, mouvante du comté d’Artois, avec les pairies d’Allouagne, Carency, la Fosse, le Pacaut, le Raut, le Brûle, Auchel, Drouvin, Coupigny, le Marais-l’Avoué, Hesdigneul, Hingettes, la Beuvrière, Robecq, Sallau.

6. Les châtellenies de Beuvry et de Chocques.

7. Les châtellenie et comté de Lens, comitatus Lensensis, feodum Lenzii, qui, après la mort de Lambert (1054), frère d’Eustache aux Grenons, comte de Boulogne, passa dans la maison de Boulogne, dont l’un des membres l’aliéna antérieurement à 1180, au profit du comte de Flandre. Elle comptait douze pairies: Aix-en-Gohelle, Avion, Billy-Montigny, la Cauchiette, Hulluch, Montigny, Neulette, Rœux-en-Avion, Sainghin-en Weppes, Souchez, Vendin-le-Vieil et Violaines.
Le comté de Harnes formait enclave dans cette châtellenie. Désignée primitivement sous le nom de “fisc”, cette terre avait été donnée en 964 à l’abbaye de Saint-Pierre-de-Gand par le comte de Flandre Arnoul le Vieux, libéralité confirmée en 966 et 972 par le roi Lothaire. Telles furent les origines de ce comté qui comprenait Harnes, Annay et Loison, et qui, pendant huit cent trente-six ans, dépendit du monastère gantois.

8. La châtellenie de Liliers, terra Lileriensis, de laquelle étaient tenus les châteaux de Lières et de Liettres, et qui comprenait quatorze terres à clocher et deux cents fiefs vicomtiers (e).

9. La châtellenie d’Aire, Ariensis castellatura, ayant dans sa mouvance la châtellenie d’Éperlecques (dont relevait à son tour celle de Ruminghem) et celle de Saint-Venant, avec les châteaux de Blessel, Cohem, Créminil, Estrée-Blanche, Fléchin.

10. La châtellenie de Saint-Omer, réunie plus tard comme fief au domaine royal (1368), comprenait les châtellenies secondaires de Fauquembergues, Seninghem et Bientque, et, plus bas dans l’ordre féodal, celles de Renty, Elnes et Esquerdes, ainsi que les châteaux d’Arques, Blandecques, Cléty, Difques, Acquembrone, Embry et Warnecque. Sa mouvance s’étendait à Coupelle, Verchocq, Rimboval, Rumilly, etc.; en Flandre, à Buyscheure et à la baronnie d’Esquelbecq, qui était tenue immédiatement du château de Fauquembergues. Quant au pays de Langle, il dépendait, au XIIIe siècle, de la châtellenie de Bourbourg.

11. La châtelienie ou comté féodal d’Hesdin, comitatus Hesdinii, qui comprenait, à l’origine, la châtelienie de Beaurain, avec les châteaux d’Averdoingt, Caumont, Contes, Quesnoy, Douriez, Fontaines, Régnauville, Mouriez, Auchy-les-Moines et Fillièvres.

12. La châtelienie d’Auxy-le-Château, tenue en deux pairies. L’une, située vers Abbeville, relevait directement du roi; l’autre, vers Hesdin, était tenue du comte d’Artois. Ces deux pairies furent vendues, en 1244, à Robert d’Artois par Mathieu de Montmorency et Marie, sa femme, pour se libérer de leurs dettes.

13. Le comté de Saint-Pol, tenu en fief du comte d’Artois, comprenait sept châtellenies principales :
1° La châtellenie de Saint-Pol, qui avait dans sa mouvance les châtellenies secondaires de Camblain et de Monchy-Cayeu, avec la baronnie de Barlin.
2° La châtellenie de Frévent, avec Gouy-en-Ternois, Magnicourt-en-Comté, Monts-en-Ternois et de nombreux fiefs.
3° La châtellenie de Lisbourg, avec Ambricourt, Crépy, Radinghem et la pairie de Verchin.
4° La châtellenie d’Orville, avec Ampfier, Halloy, Caumesnil, Sarton, Terramesnil et Thièvres.
5° La châtellenie de Pas, avec Famechon, Gaudiempré, Grincourt, Hénu, Humbercamp, Mondicourt, Pomméra et Grena, Sailly-au-Bois, Saint-Amand, Souastre, et Warlincourt.
6° La châtelienie d’Erny-Saint-Julien.
7° La châtelienie de Pernes, avec Aumerval, Floringhem, Cauchy, Sachin, la Ferté et Tangry.

A ces châtellenies il faut ajouter : 1° celle de Beaurain, qui fut rattachée, au XIIIe siècle, au comté de Saint-Pol, et qui s’étendait entre l’Authie et la Canche, comprenant dans sa mouvance les seigneuries de Berck, Bureuil, Campagne, Ecquemicourt, Gouy-Saint-André, Hesmond, Merlimont, Offin, Verton, etc.; elle forma plus tard le bailliage de Waben; 2° la châtellenie d’Epinoy, qui, jusqu’en 1707, fut tenue du comté de Saint-Pol et qui comprenait, comme membres, les terres de Beaussart, Bellonne (en partie), Bersée, Carvin, Épinoy, Garguetelle, Libercourt, Meurchin, Neuvireuil, Oignies, Tourmignies, Wavrechin et Willerval. Érigée en comté en 1514 et en principauté en 1541, elle releva de la tour du Louvre lorsqu’elle fut détachée du comté de Saint-Pol. Quant aux châtellenies de Frévent, d’Orville, de Pas, de Pernes et de Lisbourg, elles furent également, dans la suite (1627), démembrées du comté de Saint-Pol pour être tenues immédiatement du château d’ Arras.
Il y a lieu également de signaler, dans le comté de Saint-Pol, les châteaux de Créquy, Fressin, Lianne, le Biez, Ricquebourg, Sains, Heuchin, Fruges, Azincourt et Rollencourt, avec les trente-deux pairies d’Anvin, Bailleul-lez-Pernes, Bailleul-aux-Cornailles, Bomy, Bouret-sur-Canche, Bryas, Camblain-Châtelain, Canteraine, Cauchy-à-la-Tour, Chelers, Conteville; Créquy, Fressin, Équires, Gauchin, la Motte, Merdinchon, Monchy-Cayeux, Moreaucourt, Ocoche, Oignies, Orville, Pas, Pernes, Pierremont, Sains-lez-Hauteclocque, Saint-Martin, Siracourt, Sus-Saint-Léger, Thièvres et Valhuon.

14. Le comté de Guînes se composait de quatre châtellenies importantes : Guînes, Tournehem, Ardres et Audruicq.
La première comprenait Alembon, Autingues, Andres, Balinghem, Boucres, Bouquehaut, Campagne, Colembert, Coquelles, Coulogne, Escalles, Espellecques, Fiennes, Fontaines, Fréthun. Guînes, Saint-Martin, Hermelinghem, Hervelinghem, Hocquinghem (en partie), Landrethun-le-Nord, Licques, Loquin, Louches, Markènes, Nielles-lez-Ardres, Nielles-lez-Calais, Nort-Leulinghem, Peuplingues, Pihen, Saint-Blaise, Saint-Martin-de-Sclives, Sanghen et Surques (en partie).
La châtellenie de Tournehem, pagus de Tornehem, comprenait Audenfort, Audrehem et Fouquesolles, Bonningues-lez-Ardres (en partie), Brugnobois, Cauchy et le Breu, Clerques, Clinspin, Cormette, Cohem, Difques (en partie), Eclémy, Guêmy, Herbinghem, Recques et le Vrolant, Sanghen et Surques (en partie), Hocquinghem (en partie), Journy, Landrethun et Yeuse, Moringhem (en partie), Nortbécourt, Nortleulinghem, Rodelinghem; Westbécourt.
La châtellenie d’Ardres, feodum de Ardea, avait pour fiefs principaux Bonningues-lez-Ardres (en partie), Brêmes, Capelhove, Colwède, Gaudenove, Héricat, Lostebarne, la Motte-d’Ausque, Northout, Sept-Fontaines et Zouafques.
La châtellenie d’Audruicq comprenait les terres féodales du pays de Brédenarde.
Quant aux douze baronnies ou pairies du comté, elles paraissent avoir été les suivantes : Alembon, Ardres, Balinghem, Bouvelinghem, Campagne, Crezecques, Fréthun, Fouquesolles, Hermelinghem, le Poirier, Licques et Zelthun.

15. Le comté de Boulogne avait aussi quatre châtellenies principales : Fiennes, Tingry, Longvillers, Belle; et comme châteaux secondaires : Bellefontaine, Brunemhert, Clenleu, Étaples, Frencq, Hardelot, Montcavrel, Preures, Rebretingues, Selles, Sempy, Souverain-Moulin, Thiembronne, Verchocq. Il comprenait douze baronnies : Odre ou Ordre, Engoudsent, Lianne, Doudeauville, Thiembronne, Baincthun, Bellehrune, Colembert, Courset, Hesdigneul, Disacre et Bernieulles, ainsi que quatre pairies : la connétablie d’Austruy, la Gonfalonnerie, la Maréchallerie et la Bouteillerie.

16. La châtellenie de Montreuil enfin se composait du château de Montreuil et des fiefs qui en relevaient. Quant à la ville, elle avait été réunie au domaine royal vers 965, et formait une enclave dans le comté de Ponthieu.
La formation du comté d’Artois, d’autre part, n’avait pas enlevé toute importance au temporel des évêques d’Arras et de Thérouanne. La cité d’Arras, Vitry, la Buissière, Ruitz et Gosnay étaient restés au premier, et le second, qui était seigneur d’une partie de l’ancien pagus Taruanensis, avait obtenu en 1156, du roi de France, Louis le Jeune, l’amortissement de ses possessions. Celles-ci échappèrent ainsi à la vassalité, assez indécise d’ailleurs, qui les rattachait au comté de Flandre, pour relever immédiatement du roi. Telle est l’origine de la régale de Thérouanne, qui comprenait dans sa mouvance féodale les châteaux d’Upen, Nielles-lez-Thérouanne, Alquines, l’Escouart, Matringhem et le fief de l’Avouerie.»
a) Nous avons, pour cette introduction, utilisé l’Atlas historique de la France, de M. Longnon, et le Dictionnaire topographique de la Marne, du même savant. C’est ce dernier ouvrage qui nous a servi de modèle pour nos divisions.
b) Les localités situées en dehors du Pas-de-Calais sont désignées par des lettres italiques dans le cours de cette introduction
c) Cf. Ricouart, Études sur les noms de lieux, p. 621 et suiv.
d) Voir Cte Maxime de Germiny, Rev. des quest. hist., t. XXIII, p. 245, et Colonel Borelli de Serres, La réunion des provinces septentrionale à la couronne par Philippe Auguste; Paris, 1889, in-8°.
e) Le fief vicomtier, en Artois, est un fief auquel sont attachés certains droits spéciaux, notamment sur les cours d’eau et flégards; il est distinct des vicomtés, inconnues dans la région à l’époque féodale.

Proeve van vertaling (onvoltooid) :

«DE HISTORISCHE GEOGRAFIE VAN HET DEPARTEMENT (*).
I. – HET GALLISCHE EN GALLO-ROMAANSE TIJDVAK.
Van voor de aankomst van Cesar in Gallië (58 jaar vóór Chr.) weten we niets met nauwkeurigheid over het gebied dat in 1790 de departementen van Pas-de-Calais zal gaan vormen. De Moriniërs, die Virgilius, Plinius en Pomponius Mela beschouwden als de laatste der volkeren van Gallië, «extremique hominum Morini» (Énéide, boek VIII, vers 727) omvatte de septentrionale streek ten noorden van de Canche. Leur pars était couvert de bois et de marais : deserta silvarum terra Morinorum, schreef sint Victrice, en Strabo zei dat de dagen dat de hemel était le plus serein, de zon ne s’y laissait apercevoir que gedurende enkele uren (boek IV). Van deze uitgestrektheid van de bossen behouden we nog de forêts van Guines, van Tournehem, van Clairmarais, van Éperlecques, van Nieppes (deel van Wastelau), van Hesdin, plus die van Boulonnais.
Dicht bij de Moriniërs woonden de Atrebaten die als buren hadden : in het noorden, de Nerviërs (Cambrai en Bavai) en, op sommige punten, de Menapiërs (Flandre maritime en Tournaisis); in het zuiden, de Veromandui (Noyon en Saint-Quentin) en de Ambiani (Amiens en Abbeville), waarvan een klein deel van het gebied werd opgenomen in het arrondissement van Montreuil.
Tussen de Moriniërs en de Ambiani woonde een klein volk dat Plinius, in de eerste eeuw van onze jaartelling, désigne sous le nom d’«Oromansaques»: Oromansaci juncti pago qui Gessoriacus vocatur. Il est difficile de dire ce qu’étaient ces Oromansaques, dont César ne prononce même pas le Dom, et d’indiquer exactement leur territoire.
Deze verschillende volkeren étaient au nombre de ceux de la Belgique, province organisée par Auguste, 27 ans avant J.-C. (Strabon, liv. IV, chap. I).
Les Morini, les Atrebates et les Nervii figurent à titre de civitates vanaf de Romeinse verovering. Hetzelfde gold voor de civitas Ambianensium; de civitas Bononiensium werd later gevormd uit een démembrement van de cité van de Moriniërs. Hoe het ook zij, on voit figurer rond het jaar 400, in de Notitia provinciarum et civitatum Galliæ, de vijf civitates waartussen de oude bevolking verdeeld van de Pas-de-Calais verdeeld werd en die étaient comprises in het tweede België. Hun hoofdplaats était désigné par le nom mème du peuple, qui avait remplacé le vocable primitif d’origine gauloise of gallo-romaine. Atrebatum, Arras, était devenu le nom de Nemetacum, Morini celui de Taruenna. Boulogne, Bononia, verving Gessoriacum, en Amiens, Samarobriva. Slechts de naam van Camaracus bleef bij de civitas van de Nervii.
De diocèses van Atrecht, Amiens en van Cambrai kwamen elk van hun kant overeen met één van de voorafgaande cités waarvan ze de grenzen hadden behouden. Quant à la civitas Morinum en à la civitas Bononiensium, elles formèrent un diocèse unique, de diocèse van Terwaan, die zou blijven bestaan tot aan 1559.
Een groot aantal wegen sillonnaient notre contrée in de Romeinse tijd. Ze hadden généralement Terwaan of Atrecht als gemeenschappelijk middelpunt. We beginnen met aant te geven celles qui sont mentionnées dans les itinéraires ou dans la Table de Peutinger :
1° De Romeinse weg van Lillebonne, Juliobona, naar Boulogne-sur-Mer, Gessoriacus, langs Grainville, Gravinum (Table de Peutinger), de kust volgend en komend langs Tubersent, Frencq, Neufchâtel, Condette en Pont-de-Briques, volgens D. Grenier, een mening die evenwel erg omstreden is.
2° De Romeinse weg van Boulogne, Gessoriacus, naar Reims, Durocortorum, langs Amiens en Soissons (Itinéraire d’Antonin, Table de Peutinger), deel uitmaken van de reisweg van Italië naar Het Kanaal en van de grote reisweg van Lyon naar de zee zoals gebouwd door Agrippa. Elle passait à Amiens, Samarobriva, Donqueur, Durocoregum, Ponches, Pontes, le Moulinet, ad Lullia, Brimeux, Lintomagus, Estrée (de strata, indiquant l’emplacement du village sur une voie romaine), Recques, Longvillers, Lacres, Tingry, Carly, Hesdigneul en Condette, franchissant la Liane bij Pont-de-Briques, vervolgens de rivier van Échinghen, pour qllitter la route nationale de Montreuil à Boulogne, traverser la falaise de Malbret et entrer à Boulogne.
3° De Romeinse weg van Tongres, Aduatuca, naar Boulogne, langs Tournai, Turnacum, Bavai, Bacacum Nerviorum, et Cassel, Castellum Menapiorum. Elle traversait la Cauchie-d’Ecques (de calceia, chaussée romaine), Licques, Éclémy, Alembon, le Wast, Conteville, la forêt de Boulogne, Wimille et entrait à Boulogne, près de la tour d’Ordre. Un tronçon de voie venant de Watten se raccordait à cette route à Tournehem.
4° De Romeinse weg van Arras, Nemetacum, naar Bavai, langs Cambrai, Camaracum (Table de Peutinger, Itinéraire d’Antonin). Elle passait à Boiry-Notre-Dame, Vis-en-Artois, Baralle et Marquion. Les noms de Sailly-l’Estrée, Sauchy-l’Estrée et Sauchy-Cauchy rappellent cette voie.
5° De Romeinse weg van Arras à Estaires, Minariacus, genoemd in het Itinéraire d’Antonin et passant à Roclincourt, Lens, la Bassée et Pont-du-Hem, Fines.
6° De Romeinse weg van Arras naar Amiens (Itin. d’Ant., Table de Peut.), langs Dainville, Berneville, Simencourt, Bailleulmont, la Cauchie, Pas en Thièvres, Tevera.
7° De weg van Arras naar Thérouanne, Taruenna, genoemd chaussée Brunehaut (Itin. d’Ant.), langs Acq, Estréelles, Estrée-en-Cauehie, Cauchy-à-la-Tour, Estrée-Blanche, vocables appropriés à la position de ces villages sur la voie romaine. Het was een tak van de weg van Cassel naar Doornik.
8° De weg van Thérouanne naar Boulogne (Itin. d’Ant.), partie de celle de Boulogne à Cassel. Elle traversait Remilly-Wirquin, Maisnil, Thiembronne, Senlecques, suivait la rue dite «de la Chaussée» qui sépare Desvres de Longfossé, se dirigeait à travers la forêt de Desvres, Wirwignes et la forêt de Boulogne, vers Baincthun, le Mont-Lambert, Saint-Martin, et entrait à Boulogne, dans la haute ville, aux environs du château.
9° De weg van Boulogne naar Beauvais, Cæsaromagus, par Rouen, Rotomagus (Table de Peut.).
Aan deze wegen kunnen nog andere wegen worden toegevoegd waarvan het bestaan, hoewel ze niet worden vermeld door de itinéraires, niettemin bewezen zijn :
1° De weg van Thérouanne naar Sangatte of de Leulène, die langs Mont-Saint-Jean, Herbelles, Bientques, Esquerdes, Wisques, Etrehem (de strata), Zudausques, Leuline, Cormettes, Nort-Leulinghem, Tournehem, Zouafques, Louches, Autingues, Ferlinghem, Guînes, Boucres, Saint-Tricat, Haute et Basse-Leulingue, Fréthun, Coquelles en Peuplingues gaat. Dat was de weg van de heiligen, via sanctorum ofwel Itiana.
Vanaf Guînes, leek de weg in twee takken te hebben : de ene naar Calais, de andere naar Wissant, langs Saint-Blaise, Pihen, Saint-Inglevert, Hervelinghem en Sombres.
2° De weg van Cambrai naar Amiens, langs Bapaume, Warlencourt en Albert.
3° De weg van Guînes naar Wissant, langs Herbelles, Remilly, Affringues, Seninghem, Coulomby, Haut-Loquin, Licques, Herbinghem, Alembon, Hermelinghem, Fiennes, Caffiers, Landrethun-le-Nord et Wissant.
4° De weg van Boulogne naar Marck langs Terlincthun, la Poterie, Auvringhen, Wimille, Sombres, Peuplingues, Sangatte, la Chaussée, Saint-Pierre, Marck, Oye, Gravelines et Mardyck.
5° De weg van Thérouanne naar Verchin.
6° Tenslotte die van Thérouanne naar Saint-Pol, langs Enquin en Febvin.»
 (1).

*. Voor deze inleiding hebben we gebruik gemaakt van de Atlas historique de la France van M. Longnon, en de Dictionnaire topographique de la Marne van dezelfde geleerde. Dat laatste werk diende ons als voorbeeld voor onze onderverdelingen.

Noten

1. Dictionnaire topographique du Département du Pas-de-Calais, comprenant les noms de lieu anciens et modernes / rédigé par le comte de Loisne, docteur en droit, membre non résidant du Comité des travaux historiques et scientifiques, membre de la Commission des momuments historiques du Pas-de-Calais. – Paris : Imprimerie nationale, MDCCCCVII [1907]. – LII, 499, 8 p. – p. I-XIV. Voor de archeologie van Noord-Frankrijk kan worden verwezen naar : Revue du Nord, archéologie de la Picardie et du Nord de la France, sinds 1918.



Start : 5 augustus 2006 | Laatst bijgewerkt : 18 oktober 2007
















































































Septemvium

Het Septemvium, een knooppunt van Romeinse wegen
Naar : Departement du Pas-de-Calais. Dictionnaire des communes [2 delen] / M. Harbaville. – [Reprint]. – Paris : Res Universis, 1992. – 386, 370, 12, 13 p. – (Oorspronkelijke uitgave 1842). – p. 221.
De wegen van het Septemvium waren takken van het grote wegennet dat Gallië doorkruiste van Lyon naar Boulogne en Terwaan (Frans Thérouanne) via Amiens en waarvan de hoofdweg verhard was.
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